Guide complet de l’analyse de données : feuilles de calcul, fonctions essentielles, visualisation et nature des données

Mis à jour le 24 février 2026

analyste de données analysant des graphiques et tableaux de bord data analytics

L’ère des données et les décisions éclairées

Imaginez un monde où chaque décision – qu’il s’agisse de lancer un nouveau produit, d’ajuster un budget marketing ou de comprendre pourquoi un service plaît autant – est appuyée par des données. Ce monde existe déjà. Des chaînes de cafés qui suivent en temps réel les préférences de leurs clients, aux hôpitaux qui optimisent leurs capacités grâce aux analyses, la donnée est au cœur des stratégies modernes. Pourtant, l’analyse de données ne se résume pas à manipuler des chiffres : il s’agit aussi d’utiliser les bons outils, d’appliquer des méthodes adaptées et de comprendre la nature de l’information. Cet article approfondit cinq thématiques clés : le rôle des feuilles de calcul, les fonctions et formules les plus courantes, le choix des outils de visualisation, la différence entre données qualitatives et quantitatives, et des exemples concrets d’utilisation de ces deux types de données. À la fin, une FAQ synthétisera les questions récurrentes que se posent les analystes débutants.

Le rôle des feuilles de calcul dans l’analyse de données

exemple de feuille de calcul avec tableau croisé dynamique pour analyse de données

De l’organisation à la transformation de données

Les feuilles de calcul telles que Microsoft Excel et Google Sheets constituent depuis des décennies l’outil de base des analystes. Elles offrent un environnement bidimensionnel – des lignes et des colonnes – qui permet de stocker, organiser et manipuler des données de façon intuitive. Les entreprises et les organisations de tous secteurs les utilisent pour préparer et interpréter des données : santé, finance, commerce de détail et administration y trouvent un moyen simple de structurer l’information. Une étude de l’université Western Governors souligne qu’Excel est devenu l’un des logiciels d’analyse de données les plus utilisés aux États‑Unis : des firmes de finance aux hôpitaux, la plupart des organisations l’emploient pour organiser, interpréter et évaluer des données. La popularité des feuilles de calcul tient à trois atouts majeurs :

  1. Accessibilité et flexibilité : une feuille de calcul s’ouvre en quelques secondes et accepte des données de nature variée (nombres, dates, textes). Il est possible de trier, filtrer et regrouper les informations sans compétence technique avancée.
  2. Outils intégrés : les menus proposent des fonctions puissantes – des opérations de base aux analyses statistiques plus poussées – et des commandes de formatage conditionnel pour mettre en évidence des motifs ou des seuils. Les règles de formatage permettent par exemple de mettre en rouge toutes les dépenses dépassant un budget.
  3. Polyvalence : les feuilles de calcul servent autant à réaliser un tableau de bord financier qu’à préparer des jeux de données pour des outils plus avancés comme des bases de données relationnelles ou des langages de programmation.

Tables dynamiques et graphiques croisés : comprendre ses données rapidement

transformation des données brutes en tableau croisé dynamique et graphique

Une fonctionnalité qui distingue les feuilles de calcul des simples tables de données est la table dynamique (ou pivot table). Cet outil transforme des ensembles de données volumineux en tables résumées. Il permet de regrouper des valeurs par catégories, de calculer des sommes, des moyennes ou des comptes et d’appliquer des filtres interactifs. Selon WGU, les tables dynamiques et les graphiques croisés associés transforment des ensembles de données chaotiques en informations structurées et lisibles, et la visualisation peut être générée sous forme de graphiques en barres, en lignes ou en aires. Les analystes utilisent ces outils pour suivre les ventes par produit, comparer des budgets, ou mettre en évidence les tendances saisonnières. Par exemple, un responsable financier pourra créer une table dynamique pour résumer les dépenses par département et par trimestre, puis ajouter un graphique croisé pour visualiser ces dépenses au fil du temps.

Fonctions et outils d’analyse avancés

formules Excel SUM IF VLOOKUP utilisées pour analyser des données

Au‑delà des opérations basiques, Excel intègre des fonctions de recherche et d’analyse très poussées. La fonction XLOOKUP (ancêtre de VLOOKUP), la fonction MATCH ou la fonction RANK permettent de retrouver des valeurs dans des tableaux, de déterminer le rang d’un élément dans une liste ou de combiner plusieurs sources de données. WGU note que ces fonctions constituent le fondement de nombreuses analyses : elles servent à rechercher et récupérer des données, à détecter des erreurs ou à effectuer des opérations mathématiques complexes. D’autres fonctionnalités comme l’Analyse ToolPak permettent d’effectuer des régressions ou des tests statistiques en quelques clics. Enfin, les feuilles de calcul sont aussi utilisées pour nettoyer les données, en supprimant les doublons ou en remplaçant les valeurs manquantes. La fonction « Supprimer les doublons » d’Excel, par exemple, élimine automatiquement les entrées redondantes et évite des erreurs d’interprétation.

Pourquoi les feuilles de calcul sont essentielles

En résumé, les feuilles de calcul sont essentielles car elles forment un pont entre des données brutes et des analyses plus sophistiquées. Elles permettent :

  • D’explorer des jeux de données de petite ou moyenne taille de manière rapide et visuelle.
  • De réaliser des prototypes avant d’adopter des solutions plus avancées (bases de données, langages de programmation, outils de visualisation avancés).
  • De collaborer : les fichiers peuvent être partagés et modifiés en équipe, facilitant le travail en mode projet.

Leur ubiquité et leur simplicité d’utilisation expliquent pourquoi, malgré la montée d’outils plus performants, les feuilles de calcul demeurent incontournables pour les data analysts et les professionnels qui souhaitent se familiariser avec l’analyse de données.

Fonctions et formules courantes pour l’analyse de données

Pour exploiter la puissance des feuilles de calcul, il est indispensable de maîtriser les fonctions et formules qui permettent de transformer et de résumer les données. Dans cette section, nous passerons en revue les catégories de fonctions les plus courantes, avec quelques exemples et des conseils d’utilisation.

Fonctions arithmétiques et statistiques

Les fonctions arithmétiques constituent la base de l’analyse. Parmi les plus utilisées :

  • SUM(range) : additionne les valeurs d’une plage de cellules. Par exemple, =SUM(B2:B100) calcule le total d’une colonne de chiffres. Selon un didacticiel Excel, les fonctions qui comptent et additionnent des valeurs sont les plus utilisées.
  • AVERAGE(range) : calcule la moyenne. =AVERAGE(C2:C50) renvoie la moyenne des valeurs contenues dans la plage C2:C50.
  • MIN() et MAX() : retournent respectivement les valeurs minimale et maximale d’une plage. Ces fonctions sont particulièrement utiles pour repérer des extrêmes dans des données financières ou de production.
  • MEDIAN() : renvoie la médiane d’une série numérique, ce qui permet de réduire l’influence des valeurs aberrantes dans la mesure de la tendance centrale.

Les fonctions statistiques avancées comme STDEV() (écart‑type) ou VAR() (variance) permettent de mesurer la dispersion. Elles sont indispensables pour évaluer l’homogénéité des données ou pour comparer plusieurs distributions.

Fonctions logiques et conditionnelles

Les fonctions logiques servent à prendre des décisions automatiques. La fonction IF(test; valeur_si_vrai; valeur_si_faux) vérifie une condition et renvoie un résultat différent selon que l’expression est vraie ou fausse. Par exemple : =IF(A2>=60; Réussi; Échoué) attribue la mention « Réussi » si la note en A2 est supérieure ou égale à 60, et « Échoué » dans le cas contraire. On peut imbriquer plusieurs IF pour gérer des cas complexes ou utiliser AND() et OR() pour combiner des conditions.

Les fonctions IFERROR() et IFNA() sont utiles pour gérer les erreurs d’une formule et renvoyer des messages personnalisés en cas de division par zéro ou de cellule vide. WGU explique que la fonction IFERROR permet d’identifier des erreurs dans une feuille et de les remplacer par une valeur ou un message spécifié, évitant ainsi que des calculs ne soient faussés.

Fonctions de recherche et de référence

Pour connecter et recouper différents jeux de données, les fonctions de recherche sont essentielles :

  • XLOOKUP() (ou VLOOKUP) : recherche une valeur dans une colonne ou une table et renvoie la valeur correspondante dans une autre colonne. WGU souligne que XLOOKUP et ses variantes servent à rechercher des correspondances exactes ou partielles et constituent le fondement de nombreuses analyses.
  • MATCH() : renvoie la position d’une valeur dans un tableau. Très pratique pour déterminer le rang d’un élément dans un classement ou pour combiner plusieurs fonctions.
  • INDEX() : renvoie la valeur d’une cellule à partir de sa position (ligne, colonne). En combinaison avec MATCH, elle constitue une alternative souple à VLOOKUP/XLOOKUP.
  • FILTER() (dans Google Sheets ou Excel 365) : filtre dynamiquement un tableau selon des critères. Par exemple, =FILTER(A2:D100; C2:C100=France) extrait toutes les lignes correspondant au pays France.

Fonctions de comptage et de condition

Les fonctions COUNT(), COUNTA(), COUNTIF() et COUNTIFS() permettent de compter le nombre de cellules remplissant certains critères. Les fonctions de comptage sont parmi les plus utilisées dans Excel. Par exemple :

  • =COUNT(B2:B100) compte les cellules contenant des valeurs numériques.
  • =COUNTA(A2:A100) compte les cellules non vides (y compris les textes et les nombres).
  • =COUNTIF(C2:C100; >50) compte le nombre de cellules dont la valeur est supérieure à 50.
  • =COUNTIFS(D2:D100; >100; E2:E100; CA) compte les lignes où la valeur de la colonne D dépasse 100 et où la colonne E est égale à CA.

Pour effectuer des sommes conditionnelles, les fonctions SUMIF() et SUMIFS() additionnent les valeurs en fonction d’un ou plusieurs critères : =SUMIF(A2:A100; ProduitA; B2:B100) calcule le chiffre d’affaires total du Produit A.

Fonctions textuelles

L’analyse de données nécessite aussi la manipulation de textes : noms, adresses, codes, etc. Les fonctions LEFT(), RIGHT() et MID() extraient des sous-chaînes à partir d’une position et d’une longueur, tandis que LEN() renvoie la longueur d’une chaîne. TRIM() supprime les espaces inutiles, et CONCAT() (ou CONCATENATE()) assemble plusieurs éléments de texte – par exemple pour combiner un prénom et un nom en une seule colonne.

Fonctions sur les dates et les heures

Dans les analyses temporelles, on utilise des fonctions qui calculent des différences de dates, extraient des composantes (jour, mois, année) ou génèrent des dates automatiques : TODAY(), NOW(), DATE(), DAYS(), NETWORKDAYS(), etc. Par exemple, la fonction DAYS calcule le nombre de jours entre deux dates, tandis que NETWORKDAYS exclut les week‑ends et jours fériés pour calculer des jours ouvrables.

Fonctions avancées et outils complémentaires

Les utilisateurs avancés peuvent exploiter des fonctions comme SUMPRODUCT() (pour calculer des produits scalaires et des agrégats complexes), ARRAYFORMULA() dans Google Sheets, ou encore recourir à des macros VBA pour automatiser des tâches répétitives. Des compléments tels que l’Analyse ToolPak d’Excel ou des modules open source permettent de réaliser des analyses de régression, des tests d’hypothèses ou des simulations de Monte Carlo sans quitter la feuille de calcul.

Ces fonctions, combinées à la capacité de créer des graphes simples (barres, courbes, secteurs) et des tableaux de bord avec slicers (filtres) ou segments, font des feuilles de calcul un laboratoire d’expérimentation idéal. Elles permettent de tester rapidement des hypothèses, de comprendre la structure des données et de préparer des analyses plus poussées dans des outils spécialisés.

Choisir le bon outil de visualisation et d’analyse : SQL, feuilles de calcul, R ou Tableau ?

comparaison des outils SQL Excel R et Tableau pour analyse de données

La boîte à outils d’un analyste ne se limite pas aux feuilles de calcul. Plusieurs technologies se complètent pour répondre à des besoins spécifiques. Ce chapitre compare quatre types d’outils : SQL, les feuilles de calcul, le langage R et Tableau.

SQL : extraire et manipuler des données dans des bases relationnelles

exemple de requête SQL pour extraire des données d'une base

SQL (Structured Query Language) est le langage standard pour interagir avec des bases de données relationnelles. Un article de GeeksforGeeks rappelle que SQL permet de stocker, récupérer, mettre à jour et gérer des données efficacement grâce à des commandes simples et puissantes. Les requêtes SQL servent à filtrer des millions de lignes, à joindre des tables et à calculer des agrégats directement dans la base. Ce langage est incontournable pour manipuler de grands volumes de données stockés sur des serveurs. Toutefois, SQL n’est pas un outil de visualisation : il fournit des résultats sous forme de tables. Pour créer des graphiques, il faut exporter les données ou les connecter à un logiciel de visualisation.

Feuilles de calcul : polyvalence et prototypage

Comme expliqué précédemment, les feuilles de calcul sont flexibles, accessibles et conviviales. Elles conviennent pour des données de petite à moyenne taille et permettent de créer rapidement des graphiques et tableaux de bord. Elles offrent également des fonctions de nettoyage et de transformation. Cependant, elles atteignent leurs limites lorsque les données deviennent trop volumineuses ou lorsque plusieurs utilisateurs doivent travailler simultanément.

R : programmation pour l’analyse statistique et la visualisation

code R générant un graphique statistique avec ggplot2

R est un langage de programmation libre conçu pour le calcul statistique, l’analyse de données et la visualisation. Selon GeeksforGeeks, R a été développé dans les années 1990 pour offrir un environnement flexible permettant de travailler avec des données structurées ou non structurées, de modéliser des phénomènes et de créer des graphiques avancés. R propose des milliers de bibliothèques (packages) pour les analyses statistiques (comme stats), le nettoyage (dplyr), la manipulation (tidyr) ou la visualisation (ggplot2). Il s’adresse à un public plus technique que les feuilles de calcul : la syntaxe peut être déroutante pour des débutants, mais elle offre une puissance incomparable pour construire des modèles prédictifs, effectuer des tests avancés ou automatiser des rapports. L’utilisation d’un script R garantit la reproductibilité : le même code produit les mêmes résultats, favorisant la traçabilité des analyses.

Tableau : la visualisation interactive pour tous

Tableau est un outil de visualisation de données et d’analyse interactive qui permet de transformer des données brutes en graphiques et tableaux de bord dynamiques. Une description de GeeksforGeeks explique que Tableau aide les utilisateurs à convertir des données complexes en graphes et tableaux compréhensibles, à nettoyer et organiser les données, et à créer des tableaux de bord interactifs sans nécessiter de compétences en programmation. L’interface « drag‑and‑drop » rend la création de visualisations accessible à des non‑experts ; l’utilisateur choisit une source de données (Excel, base SQL, fichier CSV) et dépose des champs sur une feuille pour générer des barres, des lignes, des cartes géographiques ou des nuages de points. Tableau est également compatible avec de multiples sources de données et propose des options de partage (Tableau Server, Tableau Online, Tableau Public) pour publier des rapports. Ses avantages incluent la rapidité d’exploration et la facilité de communication des insights aux décideurs. Toutefois, il peut être coûteux pour les entreprises et certaines personnalisations avancées nécessitent une formation approfondie.

Comparaison et complémentarité

Outil Objectif principal Forces Limites
SQL Interroger et gérer des données dans des bases relationnelles Gère de grands volumes, efficace pour les requêtes, standard universel Pas de visualisation intégrée, nécessite d’autres outils pour l’analyse graphique
Feuilles de calcul Stocker, organiser et analyser des données de petite à moyenne taille Accessibles, fonctions variées, création rapide de graphiques Limitées pour de très gros jeux de données, gestion collaborative limitée
R Programmation statistique et visualisation avancée Puissance analytique, nombreuses bibliothèques, reproductibilité Courbe d’apprentissage, syntaxe plus technique
Tableau Visualisation interactive et tableaux de bord Interface intuitive, exploration rapide, partage facile Coût potentiel, personnalisation avancée parfois limitée

Le choix de l’outil dépend du contexte : SQL est idéal pour interroger des bases de données et extraire des tables proprement structurées, les feuilles de calcul sont adaptées aux explorations rapides et à la préparation de données, R convient pour des analyses statistiques complexes, et Tableau pour la présentation visuelle interactive. Dans la pratique, les analystes combinent souvent ces outils : SQL pour extraire les données, R ou Python pour nettoyer et modéliser, et Tableau ou Power BI pour raconter des histoires visuelles.

Données qualitatives et quantitatives : comprendre les différences

combinaison de données quantitatives et qualitatives dans un projet data

L’analyse de données ne se limite pas à la manipulation de chiffres. Les données se déclinent en plusieurs catégories dont les deux principales sont les données quantitatives (numériques) et les données qualitatives (descriptives). Comprendre leurs caractéristiques, leurs méthodes de collecte et leurs utilisations permet d’appliquer des analyses adaptées et d’éviter des conclusions hâtives.

Définitions et caractéristiques

Le Bureau australien des statistiques définit les données quantitatives comme des mesures ou des comptes exprimés en nombres ; elles décrivent des variables numériques telles que « combien », « combien de fois » ou « combien de temps ». Les données qualitatives, quant à elles, sont des mesures de types : elles se rapportent à des variables catégorielles et sont souvent représentées par un nom, un symbole ou un code. Cette distinction fondamentale repose sur la nature de la variable : si la variable observée est numérique (par exemple la température, le revenu ou l’âge), la donnée est quantitative ; si elle est catégorielle (couleur des yeux, type de produit, statut marital), la donnée est qualitative.

L’article d’Atlan sur les données qualitatives et quantitatives souligne que les données numériques offrent des mesures quantifiables et aident à suivre des performances, tandis que les données qualitatives ajoutent du contexte et de la profondeur aux chiffres. Les deux types sont complémentaires : les données quantitatives révèlent ce qui se passe, alors que les données qualitatives explorent les raisons de ces phénomènes.

Types et sous‑types de données quantitatives

Les données quantitatives se divisent généralement en deux catégories :

  • Données discrètes : elles prennent des valeurs entières séparées (nombre de clients, nombre d’appels). On peut les compter et elles n’ont pas de valeurs intermédiaires.
  • Données continues : elles peuvent prendre n’importe quelle valeur sur un intervalle donné (taille, poids, température). Elles sont mesurées à l’aide d’outils et peuvent être représentées sous forme de nombres décimaux.

Les données quantitatives permettent des analyses statistiques variées : calculs de moyennes, écart‑type, tests d’hypothèses, corrélations, régressions. Elles répondent à des questions du type : combien ? à quelle fréquence ? à quelle intensité ? Elles se prêtent bien à la visualisation sous forme d’histogrammes, de graphiques en barres ou de nuages de points.

Types et sous‑types de données qualitatives

Les données qualitatives s’expriment en mots ou en catégories. Les principales sous‑catégories sont :

  • Nominales : les catégories n’ont pas d’ordre implicite (couleurs, régions, sexes, types de produits). On peut compter le nombre d’occurrences par catégorie mais il n’y a pas de hiérarchie naturelle.
  • Ordinales : les catégories ont un ordre (niveaux d’éducation, satisfaction « faible », « moyenne », « élevée »). L’écart entre les catégories n’est pas nécessairement régulier, mais l’ordre a du sens.

Selon Atlan, les données qualitatives sont non numériques, interprétatives et exploratoires. Elles sont souvent collectées via des entretiens, des questions ouvertes, des observations ou des revues clients. Elles permettent de comprendre les opinions, les motivations et les perceptions et apportent une perspective riche aux analyses quantitatives.

Pourquoi combiner données quantitatives et qualitatives ?

Un des principes fondamentaux de l’analyse de données est que aucun type de données n’est suffisant à lui seul. Les données quantitatives offrent une vue macro – elles indiquent ce qui se passe et mesurent l’ampleur d’un phénomène. Les données qualitatives apportent le pourquoi : elles expliquent les comportements, les attentes et les obstacles. Atlan illustre cet aspect en expliquant que les chiffres peuvent montrer que les ventes baissent, mais que des entrevues qualitatives sont nécessaires pour comprendre que les clients trouvent un site web difficile à utiliser. En combinant des enquêtes chiffrées et des retours d’expérience, une entreprise obtient une vue plus complète et peut mettre en œuvre des stratégies plus efficaces.

Exemples : quand utiliser des données qualitatives ou quantitatives

Pour saisir comment ces types de données s’emploient concrètement, examinons quelques scénarios où l’un ou l’autre (ou les deux) sont les plus appropriés.

Analyse de performance : l’approche quantitative

Supposons qu’une entreprise lance une application mobile et souhaite mesurer l’impact d’une nouvelle mise à jour. Les données quantitatives sont ici primordiales : nombre de téléchargements, utilisateurs actifs quotidiens, durée moyenne des sessions, taux de conversion ou revenus générés. Ces indicateurs numériques répondent à des questions telles que : combien d’utilisateurs se connectent après la mise à jour ? quelle est l’évolution des revenus ? Ces chiffres permettent de détecter des tendances (hausse ou baisse d’utilisation), de comparer différentes versions de l’application et d’évaluer l’efficacité de la mise à jour.

Dans ce contexte, les feuilles de calcul et les bases de données sont utiles pour stocker et analyser les métriques. Un tableau croisé dynamique peut, par exemple, regrouper les données par région ou par type d’utilisateur et aider l’analyste à repérer les segments où les performances diffèrent.

Comprendre les motivations des utilisateurs : l’approche qualitative

Les données quantitatives montrent ce qui se passe, mais elles ne révèlent pas toujours la cause des phénomènes observés. Pour comprendre pourquoi certains utilisateurs désinstallent l’application ou n’achètent pas d’abonnement, il faut recueillir des données qualitatives. Cela peut se faire grâce à des entretiens individuels, des groupes de discussion, ou des questions ouvertes dans un formulaire. Les utilisateurs pourront exprimer que la navigation est déroutante, que des fonctionnalités manquent ou que les notifications sont intrusives.

Selon Atlan, les données qualitatives fournissent des insights sur les comportements et les perceptions en donnant la parole aux utilisateurs. Elles permettent de générer des idées d’amélioration plus pertinentes, comme modifier l’interface ou simplifier le processus d’inscription.

Combiner les deux : une vision holistique

L’exemple d’Atlan illustre bien cette complémentarité : une entreprise qui souhaite comprendre le temps de travail de ses employés peut mesurer le nombre d’heures travaillées (quantitatif), mais doit également interroger les employés sur leur ressenti au travail (qualitatif) pour connaître leur satisfaction et leur perception du climat. Le croisement de ces deux perspectives permet de savoir non seulement combien d’heures sont travaillées en moyenne, mais aussi si les salariés trouvent l’ambiance stressante ou stimulante, ce qui peut influencer la productivité ou la fidélité.

Dans le domaine du marketing, les données quantitatives peuvent indiquer la part de marché ou le taux de conversion d’une campagne, tandis que des données qualitatives issues de commentaires clients révèlent si l’image de la marque est perçue comme innovante ou dépassée. Des enquêtes NPS (Net Promoter Score) intègrent d’ailleurs les deux approches : une note de 0 à 10 (quantitative) et une question ouverte invitant le répondant à expliquer sa note (qualitative).

Autres exemples pratiques

  • Enquête de satisfaction : Les notes attribuées à un service (par exemple de 1 à 5) constituent des données quantitatives. Les commentaires laissés en fin d’enquête fournissent des données qualitatives qui précisent les raisons de la satisfaction ou de l’insatisfaction.
  • Étude de marché : Une étude peut évaluer la notoriété d’une marque (pourcentage de personnes qui la connaissent) et recueillir en parallèle des mots clés spontanés associés à la marque. Le premier indicateur est quantitatif, le second qualitatif.
  • Recherche UX : L’analyse des temps de chargement ou des taux de rebond est quantitative. Des tests utilisateurs où l’on observe les comportements et où l’on interroge les participants sur les points bloquants fournissent des données qualitatives.

Conclusion : vers une pratique éclairée de l’analyse de données

L’analyse de données est à la fois une science et un art. Elle nécessite des outils, des méthodes et une compréhension fine des différents types de données. Les feuilles de calcul jouent un rôle fondamental : elles servent de laboratoire où l’on organise les données, où l’on applique des fonctions et où l’on crée des prototypes de rapports. Grâce à des fonctionnalités comme les tables dynamiques, la mise en forme conditionnelle et les nombreuses fonctions (SUM, XLOOKUP, IF, etc.), elles permettent d’obtenir des insights rapides et de préparer des analyses plus poussées.

Le choix du bon outil dépend ensuite du contexte : SQL pour interroger de grandes bases de données et structurer l’information, R pour effectuer des analyses statistiques et des visualisations avancées, et Tableau pour créer des tableaux de bord interactifs accessibles aux non‑techniciens. Il n’existe pas d’outil unique ; la combinaison de ces solutions offre la meilleure approche.

Enfin, comprendre la nature des données – quantitatives ou qualitatives – est crucial. Les données quantitatives mesurent et comptent des phénomènes tandis que les données qualitatives explorent des perceptions et des contextes. Les meilleures analyses s’appuient sur la complémentarité de ces deux types : mesurer l’ampleur d’un phénomène et comprendre pourquoi il survient. Les exemples présentés montrent qu’une approche mixte fournit des décisions plus éclairées que l’utilisation d’un seul type de données.

Foire aux questions (FAQ)

Quelle est la différence entre Excel et Google Sheets ?

Les deux plateformes fonctionnent comme des feuilles de calcul mais diffèrent sur certains points. Excel offre davantage de fonctionnalités avancées (par exemple l’Analysis ToolPak et des capacités de traitement hors ligne) et est souvent utilisé en entreprise. Google Sheets est accessible gratuitement via un navigateur, facilite la collaboration en temps réel et dispose d’outils d’automatisation (scripts et fonctions cloud). Les formules y sont similaires, mais certaines fonctions avancées d’Excel peuvent être absentes. Pour un analyste débutant, Google Sheets constitue une porte d’entrée simple ; pour un usage professionnel exigeant, Excel reste la référence.

Quelles sont les formules Excel indispensables à connaître ?

Pour commencer, il est conseillé de maîtriser : SUM() et AVERAGE() pour les agrégations, MIN() et MAX() pour les valeurs extrêmes, COUNT() et COUNTIF() pour compter des occurrences, IF() pour appliquer des conditions, VLOOKUP() ou XLOOKUP() pour rechercher des valeurs, et SUMIF() ou SUMIFS() pour des sommes conditionnelles. Ensuite, l’apprentissage de fonctions logiques avancées (IFERROR, AND, OR) et de formules de texte (CONCAT, LEFT, RIGHT) enrichit les possibilités.

Pourquoi SQL n’est-il pas un outil de visualisation ?

SQL est avant tout un langage de requête permettant d’interagir avec des bases de données relationnelles. Il sert à stocker, récupérer, modifier et supprimer des données via des commandes standard. Les résultats d’une requête SQL s’affichent sous forme de tables. Pour transformer ces résultats en graphiques, on les exporte vers un autre logiciel (feuille de calcul, R, Tableau) ou on les connecte à un outil de BI. SQL est donc un outil de manipulation de données, et non de visualisation, bien qu’il soit indispensable dans la chaîne d’analyse.

Tableau est-il réservé aux experts ?

Non. Tableau a été conçu pour rendre la visualisation de données accessible à un large public. Son interface graphique permet de créer des visualisations par glisser‑déposer et de connecter de multiples sources de données. Selon GeeksforGeeks, Tableau transforme des données complexes en graphiques et tableaux de bord faciles à comprendre. Il ne nécessite pas de connaissances en programmation, même si la maîtrise de concepts d’analyse et de bonnes pratiques de visualisation est recommandée. Les versions Tableau Public et Tableau Online permettent de se former gratuitement.

Quand privilégier les données qualitatives ?

Les données qualitatives sont particulièrement utiles pour comprendre les motivations, les perceptions et les comportements. Elles interviennent dans des contextes où les chiffres ne suffisent pas à expliquer un phénomène : évaluer la satisfaction d’un produit, comprendre les raisons d’un changement de comportement, ou identifier les freins à l’adoption d’une nouvelle technologie. Les méthodes de collecte incluent des entretiens, des questionnaires ouverts et des observations. Selon Atlan, elles apportent la profondeur nécessaire pour compléter les mesures quantitatives et orienter l’action.

Comment combiner données qualitatives et quantitatives dans un projet ?

La combinaison se fait en plusieurs étapes. On commence souvent par recueillir des données quantitatives pour mesurer l’ampleur d’un phénomène (par exemple le nombre d’utilisateurs ou la fréquence d’un comportement). Ensuite, des données qualitatives peuvent être collectées pour expliquer ces chiffres (entretiens pour comprendre les motivations, commentaires pour recueillir des suggestions). Enfin, l’analyste croise ces informations : par exemple, corréler des segments démographiques (quantitatifs) avec des thèmes issus des commentaires (qualitatifs). Ce processus se nomme méthode mixte et permet d’obtenir des résultats plus riches et plus fiables.

Quels sont les pièges à éviter lors de l’utilisation de feuilles de calcul ?

Les feuilles de calcul sont pratiques mais comportent des risques :

  • Erreurs de saisie : une cellule mal remplie peut fausser un calcul. L’utilisation de validations de données et la prudence lors de la copie de formules réduisent ce risque.
  • Liens brisés : des formules qui pointent vers des cellules supprimées ou déplacées génèrent des erreurs (#REF!). Utiliser des noms de plages ou des références structurées limite ce problème.
  • Données dupliquées : sans nettoyage, les doublons peuvent amplifier des résultats. Les outils de suppression de doublons et de filtre sont essentiels.
  • Scalabilité : au‑delà de quelques centaines de milliers de lignes, les feuilles de calcul deviennent lentes. Pour des jeux de données massifs, privilégier des bases de données ou des langages spécialisés.
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